Inde. La route des Dieux commence dans le nord du pays, à Leh - la capitale du Ladakh - traverse l’Himalaya, poursuit sa course par la vallée du Gange, s’achève plus de 2000km plus tard à Bénarès, ville sainte. Cette route est mythique parce qu’elle relie d’un seul fil de bitume, les Hommes, Jésus, Bouddha, Allah, Chiva et les 3 millions d’autres divinités qui habitent l’une des régions du monde les plus spirituelles qui soit.
D’un bout à l’autre du fragile chapelet, le ciel accorde ainsi la possibilité au voyageur de saisir chaque jour comme une perle, d’espérer chaque étape comme un paradis. Profiter des kilomètres comme des secondes d’une vie qui peut-être belle et folle, éphémère et éternelle à la fois.
Dans sa première partie, la route est synonyme de vertige. L’Himalaya. Des cols à plus de 5000m d’altitude. La deuxième plus haute voie carrossable du monde. Les hommes y flirtent sans vergogne avec les anges. Et les chauffeurs de l’impossible sur leurs montures d’acier rugissantes s’affranchissent des lacets en bravant leurs démons - Se dopent aux vapeurs des moteurs et à l’opium - Prient tout ce qu’ils peuvent.
C’est un parcours long mais prometteur qui m’attend. Ce voyage est celui de ceux qui vivent l’Inde par cieux et tréfonds. Car un jour, les crêtes s’érodent, et des monts célestes aux neiges éternelles ne nous parviennentplus que leurs eaux : celles du Gange. Et roulent les flots par les plaines et les vallées, par l’autre Inde: La grouillante. L’excessive. La multiple. On s’y baigne, on y prie, on s’y lave, on y pisse. Alors qu’on pensait être immortel, la vie vous a comme la route : à l’usure. On se met alors à espérer le moksha, la libération de l’illusion, la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique… Cette route est mythique parce qu’elle raconte l’agitation de nos vies.
Download La route “made in India” version Darjeeling Limited.
Le voyage se termine dans l’eau : à Bénarès. Là, on espère enfin avoir laissé suffisamment parler le bitume. On espère qu’il nous aide encore un peu à répondre sans prétention, à cette question : « après quoi les hommes - et les indiens en particulier - courent-ils? ».
Je pars mardi sans impatience. J’ai rendez-vous avec Dieu.
Bonjour,
Quatrième voyage “aux States”.
Mon parcours : un étrange zig-zag par l’Arizona, le Nouveau Mexique, le Colorado, le Nevada, à destination de la Californie et de San Francisco d’où je vous écris - La ville où l’on va-et-vient avec des fleurs plein la tête. Je me suis attaché cette fois à celui que je ne reconnaissais qu’une fois passé dans mon dos, cet Ouest que les géographes appellent : le vide intérieur. Mes guides : les hommes en mouvement.
Car “faire route aux Etats-Unis” est presque devenu un euphémisme. Le bitume est partout, la route s’adopte grâce au programme “adopt an highway”, on dort part des motels (motor hotels), pendant que le pays entier continue de se remplir. Pleins de bouffe pour les hommes, pleins d’essence pour les caisses. Et on repart, gras et immobile dans son automobile. Seule l’idée de pouvoir enfin marcher au-delà l’horizon semble encore pouvoir attiser la gourmandise du voyageur.
A la frontière avec le Mexique, en compagnie de Mike l’indien Tohono qui approvisionne les clandestins sud-américains en eau, et contre les minutemens surveillants le mur, j’ai tenté d’apercevoir le rapport qu’entretiennent les américains avec leur territoire.
Avec les constructeurs de lignes à haute tension qui se succèdent aux constructeurs de lignes télégraphiques, j’ai revécu la conquête de l’Ouest. Les fils solitaires chantent toujours en plein désert. Et à leur rythme, dans les caravanes, entre deux chantiers, nous avons bu à l’Amérique et à la liberté.
Puis j’ai abandonné ces gipsies des temps modernes pour d’autres itinérants : les moissonneurs venus des quatre coins du monde faucher le maïs et les blés et ainsi traverser par deux fois le pays et ses grandes plaines. J’ai croisé la route des champs qui finissent dans nos assiettes.
Plus loin, j’ai fait halte parmi les cowboys et les vaqueros du Nevada. Nous avons marqué les veaux, castrés des taureaux et bu du whisky encore. Le voyage se répète.
Seul le mur de l’océan arrête les vagues humaines. Fin du voyage. San Francisco, ville des “people in motion” est aussi la ville des femmes perdues, le port des nouveau départs… J’aimerais dire “Encore!” mais il me faut déjà bientôt rentrer.
Bon vent à vous et à bientôt,
Christophe Cousin
www.christophe-cousin.com
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Rediffusion cet été en clair sur Canal+ de :
Nomades Land au Niger : le mercredi 16 juillet à 12h50.
Nomades Land en Australie : le vendredi 1er août à 12h50.
Diffusion sur France Inter de :
“Sur la route des Utopies” : le dimanche 13 juillet de 15h à 16h.
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“Je suis une femme, une paysanne, une égyptienne”.disait Oum Kalsoum en parlant d’elle-même. C’est sa voix qui m’a poursuivi partout en Orient. Celle qu’on appelle “La Dame”, “l’astre de l’Orient” ou encore “la quatrième pyramide” n’est pas qu’un souvenir auquel on se raccroche. Non, Oum Kalsoum est éternelle.
L’Institut du monde arabe lui rend hommage avec une exposition-spectacle installée dans la Médina, du 17 juin au 2 novembre prochain.
Mais ceux qui empruntent le monde savent qu’au fond d’une ruelle du Caire ou d’un souk d’Alep, on peut toujours la rencontrer…
Je repars bientôt pour l’Inde, sur “la route des Dieux” et dans ma tête, l’emmènerai certainement avec moi. A bientôt.
Bonjour,
Dans la même région du monde : l’Amazonie.
On déforeste pour trouver de l’or et Jésus s’inquiète du temps qu’il fait.
En mai, fais ce qu’il te plait”. Jours fériés. Les insurgés sont en vacances. Point le temps de songer au plaisir de faire la révolution. Ils avaient dit : “Sous les pavés : la plage”. Voilà qui est fait. La révolution est devenue une affaire bien trop dangereuse à mener. Un jour, on ne se souviendra même plus de mai 68 comme plus personne ne se souvient de “l’arbre de mai”.
L’arbre de mai : Arbre ou rameau enrubanné, planté durant la nuit du 30 avril au 1er mai, voire à toute autre date, devant le domicile d’une personne que l’on aime ou que l’on veut honorer. L’Eglise a dénoncé ces traditions à caractères prétendument aliénants, superstitieux, et même sataniques (rites sexuels de groupe, société troublée par la multiplicité des règles, absolutisation des esprits végétaux et animaux) en l’interdisant à l’occasion du Concile de Milan en 1579. Amen.
Alors je dis : “PLANTONS ! Et REPLANTONS !”.
Voilà quelques rendez-vous qui pourraient bien donner lieu à quelques virées nocturnes et forestières :
“Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu”.
Alfred de Musset - La Nuit de mai
A très bientôt,
Chris
“Certains se sont prêtés à dire de la vie qu’elle était un long fleuve tranquille.
Sur les eaux de l’Amazone et de ses affluents, rien de tel. Ah, bien sûr, comme ailleurs, on souhaiterait s’y la couler douce. Ceux qui y vivent, y aspirent. Mais tous transpirent à passer leur vie au tamis avec l’espoir de reléguer son sable au fleuve ; l’espoir de n’extraire de leur vie que des pépites ; et enfin d’éclairer ce territoire éternellement ombragé de leurs rêves nouveaux.
L’Amazonie : de l’eau et des Eldorados. Le Far West.
L’eau. La pureté d’une source, la grandeur dans la force de ses petits ruisseaux chantants, le courant des idées, le temps qui suit son cours, le cataclysme de la crue, les infections mortelles du marais, l’abandon de l’âme à son lit. Enfin, son cycle : naître, mourir, renaître.
L’Eldorado. Des conquérants utopistes qui espéraient remonter des rivières pour rencontrer enfin les légendaires cavalières amazones, trouver les mystérieuses cités d’or, la forêt vierge et son paradis perdu. Les temps ont changé, assez peu les rêves des hommes. Certains sont venus de très loin pour chercher l’or dans la boue, de jeunes piroguiers au péril de leurs vies s’accrochent aux gros bateaux pour vendre aux passagers quelques fruits : rêver d’ailleurs puis s’en sortir. Un caboclos part chasser l’anaconda pour sa peau et par plaisir, d’autres pêchent les poissons ornementaux qui finiront dans nos aquariums occidentaux. Les rêves se mondialisent.
Tous ces hommes sont au fil de l’eau. J’irai avec eux. Je progresserai sur l’eau comme s’il s’agissait du bitume. L’eau, synonyme de vie. Et je rencontrerai ces hommes rêvant d’or et de vies meilleures. Je veux m’imprégner de leur « Far West Amazonien ». Emprunter les rios – les petits chemins de traverse – plutôt que la large voie du fleuve.
Et j’irai, d’Eldorado en Eldorado.”
“J’ai hâte de sortir de ce milieu si bas, si méprisable, mais surtout si ennuyeux, pour aller vivre chez des sauvages, chez des brigands, chez des gens sans foi ni loi, mais qui aient au moins un sentiment élevé, celui de la liberté ou de la fierté personnelle. Là où la flamme monte joyeuse, où le feu est pieux. Me voilà débarrassé de ces contraintes odieuses dont la présence gâtait continuellement mes joies. Retrouver les éminences, ces sommets qui sont ma pagode, cette vaste nature habilement édifiée, coiffée de gazon de nuages, des brigands à mines respectables.”
Après trois avions et plus de 20 heures de voyage, j’arrive enfin en France. L’Amazonie fut à ce jour la destination la plus difficile de cette série “Nomades Land” rendant les conditions de tournage comme de voyage parfois périlleuses, mais j’en reviens le coeur encore chaud d’aventure.
Aujourd’hui dimanche 20 avril à 15h pour “Les Nouveaux Explorateurs”, Canal+ diffuse le film de mon précédent voyage en Australie à la conquête des “Nomades Land”.
Sur l’un des salars de l’immense station à montons de Glodenbo en Australie, nous choisissons avec Marco de tourner une séquence qui nous permettrait d’illustrer les dimensions du no man’s land australien à l’occasion d’un “rêve”. C’était sans compter sur la participation active de Georges, chef shearer mais aussi formidable compagnon de voyage qu’on trouve toujours au bout d’une cannette.
Plus tard en terre d’Arnhem, sur l’un des lieux les plus beaux de cette planète dont il faut peu pour penser qu’il s’agit d’un paradis, nous dégustons le requin pêché de la journée ainsi que quelques coquillages. Bonus vidéo donc, car ce que ne dit pas le film diffusé, c’est qu’en Australie, on mange des Caroowillis”.
La vie dans le bush est parfois rude. “En fait”, trois jours après le début du voyage, nos deux caméras avaient déjà rendu l’âme et nous tournions cette séquence avec une petite caméra A1 sans trop y croire alors que l’orage se formait au dessus de nos têtes. Pour le contenu, sujets sensibles s’abstenir.
Peu de temps apres avoir embarque avec les militaires de la patrouille militaire antidrogue de Sao Gabriel de la Cocheira pour rejoindre Taracua en direction de la Colombie, notre bateau s est retourne dans les rapides imprevisibles du Rio Negro. 2 blesses parmi les militaires. Le reste de l equipe va bien. Une partie de l equipement est perdu. Avons pu rejoindre le rivage. Pause obligee a Sao Gabriel pour reprendre nos esprits. On essaye de poursuivre… A bientot.
Des nouvelles d’Amazonie et un dicton du jour …
” Qui se trouve en Amazonie début avril,
rentrera à la fin du mois avec les yeux qui brillent. “
(Soit que la fièvre de l’or vous aura gagné, soit que vous aurez le palludisme).
Voyage difficile sous les orages. Le rythme lent du Bresil charge pourtant l air de tous les ingredients necessaires au Far West. Je repars demain pour le Rio Negro… Sur la riviere de l acai et de la cocaine en direction de la frontiere colombienne.
A tres bientot j espere.
Chris
Extrait de “La vie ne suffit pas” - Jean d’Ormesson - Un film de Frédéric Mitterrand.
“… Dá a chupeta, dá a chupeta
Dá a chupeta pro bebê não chorá
Mamãe, mamãe, mamãe eu quero …”
Voilà l’un des plus beaux visages de la littérature française. Jean d’Ormesson, le “fossile du verbe” s’émoustille à la cadence de Choopeta. Air brésilien. Soleil d’hiver. Souvenirs d’enfance. Je m’envole jeudi pour l’Amazonie avec des envies de Banana Split et de Brazil. A ce moment de l’histoire, tout bouillonne mais il n’y a pas grand chose à raconter. D’Ormesson nous rappelle qu’il faut veiller à rester bien encordé dans le bureau de l’artiste. Je me rattache encore un peu au présent et à ses sourires. Mais dans ma glissade vers l’ailleurs, j’emporte l’espoir de raconter une nouvelle histoire qui se poursuivrait sans fin par “C’était bien”. Attentes de voyage. Rêveries d’écriture. La vie ne suffit pas. Elle doit se chanter en cœur comme une mélopée nostalgique à laquelle l’interprète s’oblige au comique. Sinon, elle ne vaut rien.
Et ce voyage gardera la saveur de ce principe musical. Au milieu de l’enfer vert, je veux retrouver Eldorado Do Juma et ses chercheurs d’or, Manaus et son opéra. Les airs sombres du Rio Negro ne vaudront rien s’ils ne sont pas éclairés des rêves des hommes. Chasseurs d’anacondas, pêcheurs de poissons d’aquarium, trafiquants de cocaïne, missionnaires salésiens : tous visent le paradis.
Et même si nous savons bien qu’il n’existe pas, notre devoir est d’essayer quand même… D’y croire !
Jean-Baptiste Talleu, âgé de 26 ans, était arrivé en avion à Mumbaï le 5 décembre dernier en provenance de Dubaï. Depuis, sa famille n’a plus de nouvelles.
Jean-Baptiste Talleu
Un ressortissant français qui traversait l’Asie à vélo est porté disparu en Inde depuis le mois de décembre dernier, selon le site web de l’ambassade de France à New Delhi.
Joint par l’Associated Press, le Quai d’Orsay n’était pas, mardi 11 mars au début de matinée, en mesure de commenter cette information.
Jean-Baptiste Talleu, âgé de 26 ans, était arrivé en avion à Mumbaï le 5 décembre dernier en provenance de Dubaï. Depuis, sa famille n’a plus de nouvelles, selon un communiqué publié vendredi dernier sur le site de l’ambassade.
Selon un avis de recherche émis sur un forum francophone, dont le lien est proposé par le consulat général de France à Mumbaï (ex-Bombay), Jean-Baptiste Talleu avait retiré 200 euros dans un distributeur à son arrivée, ce qu’a pu vérifier sa famille en consultant ses mouvements bancaires.
“Depuis c’est le grand silence, pas de nouvelles, pas (de) messages, pas de mouvement bancaire”, selon ce texte, qui précise que le jeune Français avait l’habitude de tenir sa famille informée de l’évolution de son parcours.
Parti de France en juillet dernier, Jean-Baptiste Talleu souhaitait, selon l’ambassade de France, découvrir l’Asie à vélo. Depuis Mumbaï, il devait se rendre dans le sud de l’Inde. Source : AP
Descriptif : disparition_jb_talleu.pdf
Si vous avez des informations à son sujet, merci de bien vouloir contacter rapidement le consulat :
Tél: [0091] (413) 223 10 00.
Fax: [0091] (413) 223 10 01.
Retrouvons-nous : SAMEDI 16 Février 2008 à 19h45 -
Diffusion de Nomades Land au Kirghizstan
à la “Maison des Cultures et du Monde”, 101 bd Raspail, Paris 6è
Le Festival parisien du voyage ce sont des projections, des stands, des rencontres, et des débats…
Deux jours de projections mêlant l’aventure (voyages à pied, en vélo, en canoë, etc.) et la culture (rencontres du bout du monde, réflexion sur le commerce équitable, les inégalités Nord-Sud, etc.).
L’intégralité du programme projections au format pdf
Bonus vidéo.
Deux rendez-vous en “Nomades Land” pour ce long week-end et pour les fidèles. L’un derrière votre écran, l’autre en vrai :
Sur Canal+ ce dimanche 3 février à 15h, je vous emmène parmi les Kirghizes des hauts plateaux de l’Aksaï au pied des Monts Célestes. (Plus d’infos et davantage de bonus vidéo sur la page des “Nouveaux Explorateurs” de Canal+).
Et pour les fondus de side-car Oural et d’épopées “bitumesques” : c’est ici : Bonus 2.
Lundi 4 février à 20h à la Maison des Mines - 270 rue Saint-Jacques - Paris 5ème, pour une projection de “Nomades Land au Niger” où nous irons ensemble jusqu’aux légendaires salines de Bilma dans le cadre des projections “Culture-aventure du lundi” organisées par François Picard. (Accès : RER B : Luxembourg / Port Royal. Bus : 21, 27, 38, 81/85 et 91).Heures et prix : 19h: ouverture au public de la librairie et de la buvette (accès gratuit).20h : début de la séance de la projection (5,50 euros).
A l’occasion de cette soirée Niger, je me ferai également un plaisir de signer quelques livres “Le bonheur au bout du guidon” et “Sur la route des Utopies“.