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Posté le 24-03-2007
dans la catégorie Evenks de Yakoutie par christophe

L’Homme descend du singe – dit-on – et fort probablement aussi, d’un arbre. Depuis, il ne cesse d’évoluer, dans l’incertitude d’une herbe plus verte, d’une nouvelle cabane, parfois aussi d’un amour idéal. Inconsciemment et à force d’agitations, il fait de sa vie un voyage. J’ai déambulé comme beaucoup d’autres, deux ans et demi durant autour de la Terre, en quête du bonheur au bout d’un guidon, naïvement, tel un âne attiré par sa carotte et promis au bâton. Au retour, il me fallut naturellement repartir. Point de prétexte ni d’explication à cela, juste un tas d’excuses assez conséquentes pour en faire de nouvelles histoires. Sans doute pour m’expliquer mes propres itinérances, je m’attache donc depuis quelques mois aux raisons qui poussent l’Homme à avancer : l’envie, la peur, la nécessité mais aussi le sel, l’échange, les alpages… Par essence et par voie de faits, je me suis mis à explorer le monde des nomades et du même coup, à faire comme eux.

 

 

Un doux souvenir de ballots de laine en enfilade au dos d’une caravane de yaks me poussa à retrouver la trace des éleveurs de laine Pashmina des hauts plateaux du Changtang de l’Himalaya Indien. Puis, le sel de Bilma, le combat des touaregs pour la liberté, et les vaisseaux du Sahara s’imposèrent d’eux-mêmes. Enfin, la Yakoutie est la destination de mon troisième voyage. Près de cinq fois la France, l’une des régions les plus froides du monde en pleine Sibérie russe avec des températures atteignant les -60°C l’hiver, et un petit village pour seul repère : Olienek. Sous le régime communiste, il fut construit avec l’intention de sédentariser tout un peuple. Je m’attendais à y trouver des trappeurs se réchauffant à la vodka au coin des cabanes en rondins, d’ouvriers peu brillants au fond des mines de diamants, de marchands chinois d’ivoire de mammouths sur les placettes. J’espérais secrètement faire voyage dans le « Far North-Est sibérien » à quelques sauts de rivières gelées de là, sous le regard de Lénine, entre rennes et glaces, en plein cœur de la toundra, mon quotidien fut bien nomade. J’ai tenté de vivre avec les derniers Evenks, en bordure du cercle polaire arctique emportant avec moi cette question qui me taraudait depuis longtemps : « Que font les nomades au milieu de nulle part, lorsqu’ils ne voyagent pas et qu’il fait si froid ? ». Ils vont à la pêche en faisant des trous dans la glace, ils veillent les rennes et tuent le temps en jouant aux cartes. Mais surtout, il me semble qu’ils attendent que résonne l’appel de la forêt dans la lumière de la nuit boréale. Si l’écriture et le témoignage me sont indissociables du voyage, il en est pour qui l’image et le son leur sont nécessaires. C’est avec eux que je suis reparti, car cette aventure est aussi celle d’un film et de ses protagonistes sans qui mes mots resteraient d’encre.

 

 

Les derniers peuples nomades ne disparaissent pas sous le poids de la globalisation, ils renaissent, repartent, s’envolent vers de nouveaux horizons car l’homme voyageur sait mieux que quiconque s’adapter aux changements.

 

 

       

Commentaires

sauer333@mail.ru le 30 septembre, 2007 a 1:51 #

hi Chris !
When there will be a film in DVD ?
Evenk
Semon


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