e laisse Scott qui doit rejoindre la Grece par ferry! On se sera bien marre tous les 2 et il reviendra certainement donner quelques coups de pedales a l autre bout du monde a l occasion de ses prochaines vacances.
On laisse Bari derriere nous et je pars pour Matera. Ville aux charmes incontestables, ville de troglodytes ayant decide de faire leur trou dans la montagne!… Parce que oui, c est la route que je decide de prendre :
“Tout droit en direction de Reggio di Calabria par la montagne”… A croire que j aime ca!
Sauf que la, nan, s en est trop… Le vent remet ca, je l ai pleine face et j enchaine les dizaines de km puis centaines avec un vent qui me seche la peau, m ennerve et m erode les nerfs desormais a fleur de peau.
Heureusement que les gens sont chaleureux, non, ils ne veulent pas croire que je suis venu la en velo, ils ne comprennent pas pourquoi j ai decide de passer par leur village qui ne retient pas l attention des touristes qui se cantonnent tous a la cote.
Alors, a la pause du dejeuner, j ai chaque fois droit a une compagnie de passage (sauf qu en fait, c est moi le passage). Les enfants sont les premiers a venir, me posant mille et une questions sur mes origines, le pourquoi du comment de mon voyage et l on partage ensemble les repas. J ai droit a une mandarine par ci, un morceau de pain par la… Et lorsqu a mon tour je veux proposer quelque chose, j ai droit a un :
“Non merci, tu en as plus besoin que nous”…
J arrive peu avant Stigliano et la nuit est deja bien avancee. Je ne veux pas planter la tente ce soir et decide de me poser la, adosse a un arbre afin de lire.
Les clochettes des brebis se rapprochent et je sais que je me trouve sur le passage les conduisant a la bergerie. Je me leve pour les voir arriver et Danjii courrent dans la pente. Danjii est pakistanais et de son vetement traditionnel me tend la main avec un sourire qui en dit long.
Spontanement, il me fait comprendre que je peux dormir chez lui et nous rentrons les moutons dans leur enclos.
Puis Francois arrive, son patron et me propose a son tour de venir chez lui. L indien gene me lache un :
” No problemo ” et me fait signe de suivre Francois.
Il a encore a faire, et me propose de l attendre a Stigliano, son village. Je devale a 70 km les 5 km de pente qui me conduise 700m plus bas en pleine nuit.
Arriver a cette heure dans un village de cette taille, c est comme debarquer deguiser en clown a une soiree “ambassadeur”: Il n y a pas a dire, je fais impression !
Il y a de la vie dans ce hameau et tout le monde semble vivre comme une grande famille. Un policier fait la circulation pour les 3 voitures qui passent dans l heure et vient me questionner sur ma presence ici. Il me propose lui aussi de dormir dans un prefabrique qui appartient a la ville et qui n est plus utilise… Mais je dois attendre Francois.
1heure 1/2 plus tard, le berger descendra finalement de sa montagne… Je commencais a douter, mais il est bien la! En attendant, j ai fait la rencontre d Enzo qui me propose de venir manger chez lui. On parle en allemand, il a passe 10 ans en Allemagne dont 7 en prison pour meutre… Bref, ce soir est chaleureux et le vin coule vite. Je decide de rentrer me coucher et Francois met a disposition pour moi une maison qui me permet de prendre une douche trop attendue et une nuit sur un vrai lit………. YEEEEEEEEEEEESSSS !
Je poursuis mon chemin et reprend la direction de la cote. On change d atmosphere, il faut dorenavant faire avec une fausse indifference, un vent de dos qui m aide a aller plus vite, des klaxons excedents, un trafic etourdissant…
Et puis des galeres qui s enchainent : un mal au ventre qui ne s explique toujours pas, un derailleur avant qui m oblige a ne faire qu avec le plateau du milieu pendant quelques jours, une ligne de chemin de fer qui m empeche de dormir correctement… Enfin, Tropea est un regal et je sais qu une pause de romance m atttend a Rome pour quelques jours, c est certain, cela me fera le plus grand bien… En attendant la Sicile et les premiers tours de roues en Tunisie…