juil
01
Posté le 01-07-2003
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Iran par christophe
juin
30
Posté le 30-06-2003
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Iran par christophe

Espahan, m’y voici enfin. Elle est annoncee comme THE ville d’Iran mais elle me decoit un peu. Comme tous les touristes, je finis au Amir Kabir hotel et nous echangeons nos tuyaux avec ceux qui viennent du Pakistan ou de l’Afganisthan. Le temps d un the sous l’un des ponts de la ville, moment magique jusqu a la remise du carton :

“People are waiting, please leave our the house”… Le mythe tombe, on se croirait en plein Paris, il est temps de partir.


L’idee murrit lentement mais c est decide, je tente ma chance pour rejoindre l’Inde par le Pakistan. Il semble qu’il soit possible d avoir un pass overland à la frontiere evitant ainsi de debourser 60 USD pour l’obtention d un visa. Je continue ma route par bus pour rejoindre Yazd, la magique cite de Bam puis Zahedan. Progressivement, je laisserai derriere un belge, un japonais, et un quebecquois, compagnons de voyage.


Yazd m’enchante. La ville n’est pas touristique et la vieille ville est à vous en couper le souffle. Encore faut il que vous ayez la chance de vous y perdre et de provoquer une grimpette sur les toits de sable d une maison pour y voir le soleil se coucher! Moment de rêve en plein éveil, c est dans ces moments qu’on comprend mieux pourquoi on a décidé de tracer son chemin au pays des mille et une nuits.

Yazd… la communaute zaraostrienne y est implantée. Depuis quelques jours, les pelerins du monde entier se sont donnés rendez vous pour la fête du dieu du feu. Considérée comme une secte, cette religion est pourtant a la base de toutes les religions du livre, presente avant l’Islam qui les mettra dehors, presente avant le christianisme qui leur piquera la vedette. Nous partons pour le désert et nous imprégner de leur atmosphère dans ce monastère perché dans la montagne qui ressemble davantage à un repère de gourous des temps modernes qu’à un lieu de culte ancien…

Yazd et sa maison de force… La, quelques pieds sous terre s’entrainent tous les soirs des iraniens qui pratiquent un drôle de sport. Lieu de theatre, lieu religieux, salle de sport… L’atmosphere qui y rêgne est prenante. Au mur, de vieilles photos des maitres lutteurs, celles de Titi et gros minet alias les mollahs au pouvoir… Et puis, le maître des lieux entame son chant religion au son du tam tam. On invoque Allah et Mohammed Ali, les acteurs de la place exercant leurs “travaux” dans un petit hexagone entrent bientot en trance pour enchainer 100 pompes a la suite ou tourner sur eux memes comme de vraies toupies.

On aurait pratique ce sport à l’époque pour renverser le pouvoir… Aujourd hui, les gosses sont en spectateurs et leur bouche grande ouverte, les yeux exhorbités, ils rêvent d’être assez grand pour pouvoir être un jour un peu plus bas dans l arène.


Bam… et son chateau de sable. Est-il possible de penser que ce monument ait reussi a franchir le temps ?… Oui quand on sait qu’il n’y pleut pas! Les bandits sont la… Bam, porte vers le Pakistan, porte vers les trafiquants. On s’y sent déjà un peu moins en sécurité. Les “Hello” résonnent en “Hi Hitler”, les signes de la main n’ont pas cette généreuse forme de bienvenue propre au pays. Le quebecquois se fera voler son sac par deux lascards à moto et nous mettrons bientôt les voiles pour Zahedan pour savoir à quelle sauce le Pakistan va nous manger.


Zahedan… ville des bandits ballouches. Ici, la police n’a pas sa place ou s’affiche au cote de la mafia locale. Zahedan, lieu de rencontre des bandits afghans et pakistanais, plaque tournante et commerciale du traffic de cocaine et d’opium. Il ne faudra pas longtemps pour que je sois sollicité. Pourtant je m’y sens presque davantage en sécurite qu’a Bam. Ici, je laisse mon sac cache à l’hotel et je balbutie mes 3 mots de farci avec la conviction et l’accent des locaux.

Les autres voyageurs sont assez clairs : impossible de passer de l’autre cote sans visa.

Le consulat du Pakistan nous afflige d’un : “come back in 3 days, 10 o’clock” pour savoir si oui ou non nous pouvons passer.

A n’en point douter, il me faudra une lettre de recommandation de l’ambassade de France à Teheran…


Trop d’arguments, je rentre à la capitale pour un vol sec en direction de Dehli… L’aventure continue…


Et le voyage en bus n est pas triste. Il y a d’abord ces deux acolytes qui me demandent un pourboire pour mon velo dans la soute. Je comprends que quelque chose cloche… Ces deux la ne sont pas dans un état normal. On m’apprendra plus tard qu’ils sont sous morphine, que c’est courant ici. On nous apprendra plus tard que ces deux la sont chauffeurs du bus… L un n’arrive pas à viser la bouche pour y glisser le sucre qui doit lui ouvrir les yeux, l’autre enchaine les cigarettes à l’envers pour s’enfoncer encore un peu. C’est une cata.

Pour une fois, l’ensemble des occupants est inquiet et à tour de role, nous nous succederons à l’avant du bus pour les garder éveillés, pour prendre le volant en main et tirer un peu à droite ou à gauche, histoire de garder le cap sur la route.


25h30 plus tard (au lieu de 20) et une voiture éraflée en plus, nous voici à Teheran. Je reprends le velo dans la ville pour trouver un endroit ou dormir, pour tenter de solutionner mon probleme d’argent et pour filer vers les hauts reliefs de l’Himalaya…


Prochainement, le bonheur sera sous la semelle, à n’en point douter!


juin
21
Posté le 21-06-2003
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Iran par christophe

La frontiere et ses tracas… Ca se passe a Maku, un jour de juin, un jour ou il pleut averse et fait un froid a garder un Chris au chaud… Pourtant, ce jour la, il faut passer!

Passer en Iran, passer dans ce pays devenu si enigmatique… dans ce pays des comtes ou les femmes sont dit on en noir! Un noir persan dirait on…

Finalement, c est un homme de noir vetu que je rencontre a la frontiere… Un de ceux qui fouille bien profondement dans les sacs pour trouver le ptit truc sous le regard averti de son chef, l homme au turban blanc. On est toujours en terre d Islam mais ceux la reconnaissent la descendance de Mahommet, ceux la sont tous plus ou ses fils et ptits fils et on ne rigole pas avec les molas.

Maku, le son est donne… Apres un passage de frontiere finalement relativement facile, les premieres invitations a manger, a boire le the tombent et je me laisse aller a leur gre.

La gentillesse est de tous les instants mais je reste vigilant… Puis arrive Tabriz apres de jolis passages dans la montagne.


Tabriz et Peter Casanova l incontournable… Jme comprends… Tabriz et les deux lascards de francais avec qui je fais un bout de route apres un hammam a l Iranienne (jme comprends)…

C est decide donc… Demain, direction Ardabil pour une randonnee a cheval dans la montagne, une randonnee au milieu des nomades.

Pauvres naifs que nous sommes… Nos experiences passees ne nous ont pas suffit? Point de bus a l heure, point d information correct, un village nous dit on… (de 80000 habitants)… 60km nous dit on… (80 en fait)… un office de tourisme nous dit on (un piege a touristes en fait)…

Ardabil donc et sa Sonia (la fausse)… Elle pretend nous servir de guide mais elle est davantage fille de Richie Cuningham que guide a nous emmener aupres des nomades.

(Ah oui, jvous explique… Il existe en Iran des familles Cuningham… Ce sont les familles bien comme il faut, les familles qui arrivent a fleurter avec le monde de la consommation a l iranienne et qui sont toute propres sur elle… des familles comme on en reve dans les magazines…)…

Donc les eternelles reflexions tombent en plein trajet :

Elle et son papa : Vous savez, les nomades sont des gens durs?

Nous : Ca tombe bien nous aussi!

Elle et son papa : Vous savez il y a des loups dans la montagne

Nous : Ouais, on sait

Elle et son papa : vous savez, ca prend du temps de rentrer en contact avec les nomades… Ce sont des gens qui ont des mitraillettes

Nous : Ouais

Elle et son papa :Vous savez, c est pas sur qu on arrive a faire exactement ce que vous voulez

Nous : Ok, demi tour…


Et papa Richie sur cette route rapide qui entame a demi tour…


Et nous… penaud, a rentrer a Ardabil et a tout devoir recommencer! On finit donc a Sara Eyn a faire du cheval le landemain, a se manger un plan loose de chez loose mais en attendant, on aura bien ri, on aura bien souffle ce gateau de loukoum en forme de gateau d anniversaire… Celui de mes 27 ans, celui d une rencontre!


A bientot les lascards… On se reverra pour sur… Nos routes se separent a Teheran apres un dernier the!


juin
21
Posté le 21-06-2003
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Iran par christophe

Ce jeudi la, les etudiants manifestent pour plus de liberte. C est du peu vu et ca vaudra quelques bons coups de baton, une tete tranchee…

Ce vendredi la, je renfourche ma monture apres avoir refuse la nieme invitation d un iranien…

L argument : “Je dois aller a Esphaan” ne me convenait meme pas mais c est le seul qui me soit venu a l esprit et a s ecouter… ou plutot, a les ecouter, on en sortirait jamais!

Je pars donc… Et ca me rappelle ce cri de delivrance pousse un vendredi 13… ca se passait il y a 10 mois presque a la ferme familiale…:

“Maman, je pars!” Il etait 18h et la vraie aventure venait de commencer. Ce soir la, je finissais au champagne dans une famille de paysans… Ce soir iranien, je le finis en bordure d autoroute, le dos fracasse par les caillasses qui me transpercent… En France, il faut 20mn statistiquement pour finir dans une boite en bord d autoroute… J y passerai 3 jours… L autoroute est ici moins dangereuse que la nationale blindee de camions. L autoroute est interdite au velo mais je la prends quand meme et c est normal… J ai la benediction de la police… La protection d Allah! Abdoulilah!

J arrive enfin a Quom apres une traversee epuisante du desert. Il est bien la… avec son soleil ardant. Je roule tot le matin, tard le soir et entre les deux, dors sous mes deux saccoches ce qui me vaut un beau midi la visite de la police… breve appartee dans ce monde du chaud qui vous brule les yeux!

Quom… ville sainte!… Quom et ses turbans. On sent bien qu il n y a pas un touriste ici. La ville leur appartient… Elle m intrigue. On me conseille d eviter de sortir le soir, on me met en garde, la jeunesse a tendance a piquer dans les sacs ou a couper les gorges… Point de cela… mais la rencontre avec cet iranien… numero 91839994 (en francais dans le texte) qui a passe 6 mois de prison a Centrale pour avoir tabasser un flic francais… Il vit maintenant en Amerique… Rencontre furtive… Rencontre de voyage!

Puis c est reparti. Kashan est mon prochain objectif. Premiere a droite, il est tard, je m enfile dans la montagne pour trouver un endroit ou dormir. C est reussi! Magique! Grandiose!

Il est tard et je n ai rien a manger. Je suis quitte pour finir ces 114km sans rien dans le bide et je m endore lorsqu une voiture semble approcher. Je suis a l ecart du sentier, a l abri des regards et un coup de feu semble retentir. Je me faufile mi nu pour observer mais je ne distingue rien. Au matin, on s approchera de la tente puis rien…

Je repars. Kashan est la… Maissan aussi! Ce jeune gosse de 12 ans me servira de guide, m invitera… me transportera derriere le decors de sa ville, me fera decouvrir l autre iran… celui de l interieur! celui du coeur!

7h30, ce matin la, je ne veux pas profiter de l hospitalite offerte et veux tranquillement prendre un the. On m indique ce boui boui la… j y entre et m installe.

A la question que je ne comprends pas, je reponds d un “oui” sur et certain…

On me servira 3 beaux pieds de chevre… ca c est le gout de l Iran.


Je reste deux jours a Kashan et prends la poudre de la montagne pour une ascension vertigineuse qui me conduit a 2700m d altitude… Encore une fois, il y avait plus simple… Plus normal… La voie dans la vallee. Mais nan, fallait que je fasse mon malin!

L occasion de rencontrer Andrea, businessman du textile qui fait affaire dans le coin. Un toit, un couvert, des histoires et je repars… Je pousse le velo sur plusieurs kilometres au rythme raffraichissant de l altitude, au rythme etoufant du manque d oxygene. Elle est belle maintenant et redescend… vers Esphaan… Ahhh la belle Esphaan.

Il y aura la veille au soir ce coucher de soleil innoubliable sur un desert venteux… puis cette nuit seul dans ce chateau de sable, a l abri de la tempete… sur le territoire du faucon persan! Innoubliable… Innoubliable Iran… Que me reserve tu encore?