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Posté le 30-11-2004
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Maroc par christophe

Il est 4 heures du matin, peut etre 5. Le coq fait la concurrence a l himam mais tous deux chantent le vent qui l emportera. Bientot il sera gaulois. Je ne parviens pas a fermer l oeil alors que les bruits de la ville qui grandissent encore doucement ne m aideront plus, dorenavant, a trouver le chemin du repos. Je crois avoir trouve l hotel le plus glauque, la chambre la plus sordide de la ville. Depuis que j ai pose le velo ici a Tanger, tout est deja different. Ce tour du monde n a deja plus le meme gout, il pique l avant hier.

Tanger, ville portuaire, ville des gens de passage, ville des petits delits et autres larcins. Le rideau rouge cache une fenetre qui ne ferme plus et par ou je m evade juste encore un peu… Fenetre sur rue ou defile les images d un autre temps. La melancolie me gagne. Mon esprit s evade. Je ne m endormirai plus comme avant, avec ces reves de coucher de soleil sur un desert blanc, avec ces images d un monde autrement. Les images qui me viennent sont celles du passe, d un vecu fort qui a marque son homme.

Je reve d Iran, d Inde, de Chine, de Syrie. Des moments oublies me reviennent et j essaye de reconstruire une journee, un moment, une odeur. Nourrir mon esprit de ces evenements qui ont marque mon voyage est un nouveau depart emprunt de nostalgie. Exercice difficile pour celui qui vit a demain sans passer par la case present, pour celui qui reve perpetuellement.

Pourtant bien vite, je retrouve ceux que j aime, ceux avec qui les reves d enfant deviendront grands. L excitation permanente d arriver bien vite ne me quitte plus. J attends ce bateau qui m emportera de l autre cote comme d autres attendent une sortie de prison ou une entree sur la scene. Partir, Revenir, Rentrer… Dans quel sens tout cela fonctionne t il? Ou suis je?

Juste encore un peu, j ai suivi un inconnu par quelques ruelles de la medina en pleine nuit. Juste encore un peu, j ai voulu defier mes peurs, provoquer la rencontre, gouter encore a ce que demain ne sera plus.

Juste encore un peu, je voulais etre la a sonder sans retenu les profondeurs du bonheur d etre ailleurs.

Demain, mon ailleurs sera la, aupres de ceux que j aime, qu il sera bon ce moment. Je serai alors heureux de rever encore un peu, d un ailleurs fait de sables et d appels.