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Posté le 06-12-2003
dans la catégorie Bonheur au bout du guidon, Vietnam par christophe

Foutu Vietnam, je suis encore sur tes terres et tu me manques deja. Caprice d un visa qui se decompte, caprice d un bout de papier qui vous oblige a y aller, a pedaler parce que vos jours sont comptes. Je pedale donc et pour la premiere fois, j ai le sentiment de fuir tes rires. Je m oblige a ne pas ecrire pour laisser la plumme se liberer et l esprit vagabonder. Je m oblige a de belles pauses pour laisser le velo avancer et le corps s executer.

S obliger, compter le temps… Quelque chose ne va pas, je dois repartir!


Je pars de Dalat. Il doit etre 14h. Je quitte le marche anime. Le sang pissant, le hachoir tombant, la carpe s agitant, les poules s excitant, le chien n aboyant plus depuis longtemps. Morts agonisantes pour le compte des vivants.

C est plein d optimisme vraisemblablement que je decide de faire les 120 km qui me separent de la prochaine ville. Partir a 14h afin d effectuer une telle distance, partir sachant que la nuit tombe vers 17h, c est avant tout l insoucience qui guide mon choix. Mais c est le genre de decisions que l on peut se permettre de prendre en voyage, quand on est seul parce que… parce que le chemin se dessine par vos volontes, et que, plus elles sont folles, plus elles semblent vous appartenir.

Le moyen aussi de croire que l on decide de son voyage et qu il ne prend pas le dessus sur vous. En suis je si sur?


Saigon arrive enfin. Les avenues communisantes sont deprimantes et je cherche le charme a donner a l endroit. Pourtant, j y retrouve Gys et Manu rencontres en Inde (www.nomades-solidaires.free.fr). Nous commencons nos journees dans les cafes a cyclos et les terminons dans les bars des petites ruelles, a tenter de se faire une place au milieu des poivraux qui tentent d oublier. La police communiste veille dans chacune de ces petites arteres. On se fait discret mais on retrouve dans ces endroits populaires ce que nous sommes tous venus chercher ici : un peu de vie!


Manu me rejoindra dans quelques jours, je pars encore, pour le Delta du Mekong cette fois. Mytho n a rien d attachant et le traffic reprenant le dessus sur la joie de la decouverte, je prends la petite route qui borde la riviere. On l indique comme la numero 864, une double voie dont le traffic s epuise rapidement et pour cause! La grande route se transforme en route, en piste de terre par endroit puis en piste goudronnee par endroit, en piste sableuse par endroit puis en sentier finalement. La largeur de mon chargement m oblige a descendre regulierement du velo pour ajuster la trajectoire ou croiser un autre cycliste… J adore! Le calme revient mais les viets sont partout encore. Perdu au milieu de nul part, une epicerie et la une ecole. C est plein de vie, plein de jeunesse, on en finit pas de rire meme perdu au milieu de nul part alors, je rigole aussi!

Le sentier s arrete la. Pas de pont, plus de pont et un canal a traverser. Qu importe, une barge fera l affaire… J arrive enfin a destination : Cai Be. Une derniere barge me largue au milieu du marche. Le hachoir hache toujours, la carpe s epuise, le chien n aboye plus et moi, je tente de me frayer un chemin parce que je dois continer a pedaler!

Cantho arrive enfin. Ses marches flottants sont un plaisir des yeux. De bon matin, je prends le velo et me voici reparti sur l eau. Ici, l ananas se stock, le sucre s echange et la vie s organise encore.

Manu arrive en soiree. On repart le lendemain en direction du Cambodge. Nouvelle culture, nouvelles contraintes, nouvelle langue, nouveau visa. Le temps va pouvoir s ecouler encore avant que nous ne retrouvions ces endroits qui deviennent des objectifs : ceux qui nous font l oublier!



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