Fuir l Iran… L idee ne m etait pas venu spontannement mais le temps me pressait pour rejoindre mon frere qui n allait pas tarder a arriver dans le Nord de l Inde.
Apres moultes interrogations sur mon sort a venir, je decidais de le prendre entre mes mains et de decider du sort a donner a mon sort. L Inde, directement, depuis Teheran… C est maintenant possible grace a l avion. Une nuit dans l aeroport, une technique de renard pour jongler comme une anguille entre les controles de police et m y voici enfin… Delhi, Inde.
Fuir encore ce Delhi plein d indiens au regard si curieux…
Fuir ce climat de mousson ou je transpire a grosses gouttes sur ce lit bien sommaire d un hotel de l aeroport en attendant mon vol pour Leh.
Apres m etre justifie du port de mes sandalles automatiques qui sonnent au detecteur, apres qu on ait peu scrupuleusement balance la selle de mon velo dans l inconnu des tapis roulants, je prends siege a bord de cet avion qui m emmene a Leh!
Leh, m y voici… ENFIN!
Je tente d accuser les 3500m d altitude d ou sera dorenavant juche mon corps. Mon souffle revient vite et personne ne veut croire qu a la descente de l avion je decide de monter mon velo pour embrayer directement sur les 5km d ascension qui doivent me conduire au village.
Je trouve vite mes reperes dans cette ville rythme tant par l himam que par les cornes des monkhs et puis tout s ensuit.
Il y a la visite du Dalai Lama a 7 km de la et une excursion qui s impose parmi les 4000 membres presents qui ont fait le voyage. Ils sont descendus des montagnes, de leurs villages, ils sont presque tous la… Ladakhis aux vetements pourpres, Zanskaris aux bijoux turquoises, Dahanous aux fleurs dans les cheveux… C est un arc en ciel de minorites ethniques qui s active au rythme du moulin a priere.
Il y a aussi le festival d Hemis. Hemis, gompa snobant l Indus du haut de sa montagne. Hemis, rendez vous des locaux pour feter la fin de la moisson.
Sur deux jours, la fete est donne a la cadance des sambales et des tambourrins. La tentation, la delivrance, la communion, la reflexion… Tous les themes sont abordes, suggeres et illustres par ces hommes devenus demons ou bons, arborant tantot un masque, tantot un vetement de fete.
Grands et petits sont la, sommairement installes au premier rang ou confortablement en haut du toit. Yeux rilleurs, sourires inquisiteurs… Puis la fete s acheve et tout le monde prend le chemin du retour.
Du haut du toit de notre bus, nous essuyons les seaux d eau des gosses qui attendent le passage de la caravane pour s amuser de notre impuissance. Ca fait parti de la fete aussi. Jongler avec les fils electriques ou telephoniques, avec les seaux d eau… Tout se fait avec le sourire.
Qu il est bon aussi de voir enfin des femmes sourire et rire… De lancer de l eau a leur tour, d avoir une position importante au sein de la famille. Equilibre, Respect et Liberte… C est comme si ca faisait… Longtemps!
Leh, rendez vous des voyageurs. En cette periode de mousson qui accable le reste de l Inde, Leh est comme un oasis au milieu des montagnes pour les voyageurs. Je rencontre Remi, Sarah, Sandra, Lucien et puis Gys et Manu, un couple de francais parti aussi a velo. Nous tuons nos heures a siroter des thes ou des jus d abricots secs avant de partir pour une visite de monasteres, pour une expedition au bord du lac Tsomoriri.
Rizong et les autres… Gompas de vallees et de montagnes, ils hebergent leurs monkhs qui vivent au rythme des prieres et des taches quotidiennes. Notre presence semble a peine les deranger, une invitation pour un the au beurre de yakhs rance, les amuser. Quel Bonheur!
Il est la encore, sur le chemin qui me conduit toujours un peu plus loin.
Partir en jeep, c est laisser le velo de cote, c est aussi partager avec d autres ce grand moment qui nous conduit apres plusieurs heures de route au bord du lac Tsomoriri. Le soir venu, nous plantons la tente dans ce decors de paradis et puis soudain, notre attention se porte vers l attraction!
UNE CARAVANE DE YAKS TRANSPORTANT DE LA LAINE…
Dans ma tete, ce genre d evenement n existait plus que pour les touristes fortunes qui se permettaient de partir une fois l an avec une agence bien specialisee qui leur ferait croire que les caravanes existaient encore…
Dans ma tete, cette scene n existait plus que dans les films de Vali…
Il fallait bien admettre que j avais tout faux. Ils etaient la devant moi. Les nomades meneurs qui les accompagnaient fetes par les monkhs du monastere qui servait de point de repere a notre campement. Ceux la ont fiere allure a pied ou a cheval, tentant de guider les pas de ses animaux si lourds.
Le landemain, c est a 4h du matin que commence la dance du voyage, nous voila partis pour plusieurs kilometres de randonnee a la rencontre des nomades du lac et ne tardons pas a nous faire inviter encore, simplement en echange d un “Djouley”…
Le Bonheur est la, je le savais, je ne suis pas decu.
Mon frere arrive bientot, le temps d un partage, le temps d une randonnee qui nous conduira a travers le Zanskar… avant que je ne renfourche ma monture pour affronter la deuxieme plus haute route au monde qui me portera a 5300m d altitude. DRIVE but DONT FLY qu ils disent en bord de route… Promis, j essayerai!