1h du mat, nous prenons nos sacs, encore dans les bras de morphee et nous dirigeons vers le terminal de bus d ou notre jeep doit nous conduire a Darcha, debut de notre trek.
Debut du trek mais pas debut de l aventure… Nous arriverons en soiree a bon port, apres que notre chauffeur soit entre en trance a plus de 5300m d altitude sous l effet de la musique sectaire qui implore les dieux et sous l effet sans aucun doute de la l heroine qui tente de le garder eveille.
Les “please stop Mister” ont laisse place a un glissement de la vitre arriere qui accepte tout juste la tete de mon frere pour un nieme vidage d estomac. Mal d altitude, des transports et anxiete d un trek qui doit nous conduire loin nous emmeneront d abord au dispensaire de Darsha ou un “Don t worry mister” nous encouragera a attendre le lendemain pour juger de la suite a donner a nos perigrinations.
Il va mieux, on peut partir. La suite est sans grande surprise, nous marchons, luttons avec nos fatigues, nos angoisses. Une vieille douleur a l arriere du genou me fait reflechir et puis finalement, ca repart. On attaque rapidement l ascension qui doit nous conduire au Singgo La, a 5000m d altitude. La plus guete puis s abat. Ce sera la ce soir, aux pieds du monstre que l on devine dans les nuages. L ascension sera pour le lendemain, interminable mais bonne, comme si la difficulte devait etre une recompense… A cette altitude, souffrir est deja bon, la montagne nous laisse exister.
Nous entamons notre descente lorsque le pas silencieux des yaks sauvages interrompt notre dance. Ils ont decide de passer de l autre cote, nous les laisserons faire hehehe…
Un nieme “rice and dale” nous rappellera que nous pourrions etre a la maison a manger un gratin dauphinois bien de chez nous mais a quoi bon.
Par la suite nous marcherons encore dans cette vallee minerale qui laisse une place a nos si minces vies. Nos regards croisent ceux des gosses, nous nous arretons souvent, pour reprendre notre souffle et compter l importance du poids de nos sacs. Mais nous aimons ca et en redemandons.
Nous voila repartis alors que Phuktal Gompa et ses monks se mettent en travers de notre chemin. Je me rappelle les divergences de mon imagination lorsqu en remettant la main sur Tintin au Tibet, je m etais imagine dans la chambre de son gompa. La meme, c est ici que nous passerons la nuit avec vue sur la riviere. C est ce matin la que nous nous verrons invites a assister a la puja en compagnie des moinillons du monastere, a regouter au the au beurre de yak rance…
Puis nous repartons, direction Padum. Nous n y resterons pas longtemps, decus par l atmosphere du festival, comme si nous devions deja regretter une page qui se tourne.