Y’a des jours comme ce 2 octobre ou il vaut mieux rester coucher mais on a pas le choix… On a pas le choix parce qu en fait, tout commence a 7 heures du matin par un reveil facon chasseur…
Je m explique :
Le reveil chasseur, c est quand la veille au soir et sans le savoir, tu decides de planter ta tente entre un chemin et une vigne un peu loin de la route et que, a 7 heures du matin, une troupe de chasseurs decide de poser canon de fusil sur ta tente pour s aligner dans l axe de la palombe… La, quand tu ne t y attends pas, ca fait un choc… Alors, pas le choix, soit tu te recouches et tu te mets a cauchemarder a Sarayevo… soit tu te leves et tu decides “delicatement mais surement” de lever le camp…
Entre nous, j ai choisi cette derniere solution… Mais bon, commencer a pedaler a 7 heures du matin, faut vraiment pas avoir le choix… Je flane donc un peu, a velo, a profiter des instants de la vie et a contempler le soleil se lever sur un champ laboure encore embrume par l humidite stagnante de la nuit… Et la, tu te releves parce que tu es tombe… Oui… entre la phase “jprends le velo” et “jregarde le soleil”, y avait un virage que j avais pas vu et a 1500 km du depart, c est la premiere vraie chutte.
L heure est alors au diagnostic :
Des egratignures
Un genou ouvert et des chevilles en sang mais rien de bien grave non plus… disons que jusque la, ca va
Materiellement parlant, c est une cata….
Attache de saccoche cassee (vite repare au fil de fer)
Et apres quelques metres, je constate que la manivelle et la pedale de droite de mon velo sont detruites… pliees…
Du coup, j ai pas le choix, je dois rejoindre Padova au plus vite (40 km en pedalant pas rond) ou bien trouver un paysan qui de son meilleur chalumaud me remettra ca droit…. Les seuls rencontres ne sont pas equipes et n ose pas se risquer… Je me lance donc a la recherche d un vendeur de bicyclettes… La manivelle est changee… Ca fait mal au portefeuille…. Il me faudra en trouver un deuxieme pour qu il me fournisse des pedales en metal comme je le souhaite.
Malgre tout, j enchaine les km, rien ne m arrete sur cette nationale trop bondee. J arrive a la nuit a Venise… Ban, ok, jsuis le seul velo et j apprendrai un peu plus tard que les velos y sont interdits… Pour cause, personne ne s aventure a franchir les ponts avec marches qui sont ici incontournables… Encore moins avec un equipement de plus de 50 kg… Ba moi si…
Je trouve finalement un garage a voiture qui accepte de me le garder et je pars, saccoches en main.
Accusant la fatigue, je me laisse tomber sur les marches et me fais accoster par 2 anglais facon “guitare a la main et 20 cents d euros en poche”… Si tu veux, viens, on a un plan pour la nuit….
Avec la moindre chambre a 120 euros, je les suis. On prend le dernier billet pour le dernier bus et nous voila partis pour un camping que l on ne trouvera jamais puisque le bus n etait pas le bon. On arrive finalement a l aeroport et on decide de s y installer. Le plan tourne au vinaigre quand, non munis d un billet, on se fait jetter comme des chiens de l endroit pourtant si chaud.
Le matin se terminera sous un pont, sur des cailloux, a tenter de trouver un moyen de fermer l oeil malgre le froid…. Y’a des jours comme ca…