Ailleurs, ici, là-bas. Qu’est-ce qu’une terre natale?
1,5 milliard de personnes bondaient déjà notre planète en 1900,
6 milliards d’individus en 2000,
6,7 milliards en 2008…
Demain, où planterons-nous nos racines ?
D’ici 2040, de grandes migrations provoqueront le déplacement de plus d’un milliard de personnes.
La notion de “racine” aura-t-elle même encore un sens ? Sommes-nous tous déjà en transit ?
Voilà les questions d’une génération. Ce sont sur elles que reviendra durant le week-end l’équipe de Thierry Steiner et de Sandra Freeman du 7/9 de France Inter avec :
C’est Jean Guéhénno qui écrivait pourtant dans son “Journal d’un homme de 40 ans”: “… Je jouissais de mon déracinement, d’être cet esprit enfin délivré, maître des cieux, errant…”
Bonus vidéo de circonstance pour mon premier film comme réalisateur, diffusé ce week-end également, retraçant mon dernier périple à travers l’Inde de l’Himalaya à la vallée du Gange, en compagnie de Bouddha, Jésus, Allah, et Shiva. L’Inde qui compte presque autant d’habitants aujourd’hui que n’en comptait notre planète toute entière en 1900. L’Inde qui ne se trouve jamais suffisante et qui dénombrerait 330 millions de dieux.
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Bonus. Images montées juste pour le plaisir avec Eleanor Rigby des Beattles.
Inde. La route des Dieux commence dans le nord du pays, à Leh - la capitale du Ladakh - traverse l’Himalaya, poursuit sa course par la vallée du Gange, s’achève plus de 2000km plus tard à Bénarès, ville sainte. Cette route est mythique parce qu’elle relie d’un seul fil de bitume, les Hommes, Jésus, Bouddha, Allah, Chiva et les 3 millions d’autres divinités qui habitent l’une des régions du monde les plus spirituelles qui soit.
D’un bout à l’autre du fragile chapelet, le ciel accorde ainsi la possibilité au voyageur de saisir chaque jour comme une perle, d’espérer chaque étape comme un paradis. Profiter des kilomètres comme des secondes d’une vie qui peut-être belle et folle, éphémère et éternelle à la fois.
Dans sa première partie, la route est synonyme de vertige. L’Himalaya. Des cols à plus de 5000m d’altitude. La deuxième plus haute voie carrossable du monde. Les hommes y flirtent sans vergogne avec les anges. Et les chauffeurs de l’impossible sur leurs montures d’acier rugissantes s’affranchissent des lacets en bravant leurs démons - Se dopent aux vapeurs des moteurs et à l’opium - Prient tout ce qu’ils peuvent.
C’est un parcours long mais prometteur qui m’attend. Ce voyage est celui de ceux qui vivent l’Inde par cieux et tréfonds. Car un jour, les crêtes s’érodent, et des monts célestes aux neiges éternelles ne nous parviennentplus que leurs eaux : celles du Gange. Et roulent les flots par les plaines et les vallées, par l’autre Inde: La grouillante. L’excessive. La multiple. On s’y baigne, on y prie, on s’y lave, on y pisse. Alors qu’on pensait être immortel, la vie vous a comme la route : à l’usure. On se met alors à espérer le moksha, la libération de l’illusion, la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique… Cette route est mythique parce qu’elle raconte l’agitation de nos vies.
Download La route “made in India” version Darjeeling Limited.
Le voyage se termine dans l’eau : à Bénarès. Là, on espère enfin avoir laissé suffisamment parler le bitume. On espère qu’il nous aide encore un peu à répondre sans prétention, à cette question : « après quoi les hommes - et les indiens en particulier - courent-ils? ».
Je pars mardi sans impatience. J’ai rendez-vous avec Dieu.